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Conseil National 2017 - Allocution de Jacqueline Cuche

Le 29 janvier dernier, l’AJCF a tenu son Conseil National 2017 à Paris, dans les locaux du MJLF (Mouvement Juif Libéral de France). Le thème de cette journée était "Sionisme et antisionisme".

Voici le texte de l’allocution prononcée par Jacqueline Cuche, présidente de l’AJCF, en introduction à ce Conseil National.

Chers amis,

La journée que nous organisons aujourd’hui est particulière, à plusieurs titres :
- Aujourd’hui (renouant des liens un peu trop distendus), nous sommes accueillis par le MJLF, et je veux d’abord exprimer mes remerciements à nos hôtes, le rabbin Yann Boissière, qui dès le début s’est réjoui de notre demande et y a répondu avec empressement et générosité, la Présidente Danielle Cohen, et tous ceux qui dans cette communauté ont veillé et veillent encore au bon déroulement de notre accueil et de l’organisation de la journée.
Cette collaboration avec le MJLF est importante pour nous. Nous avons eu la joie d’être accueillis en novembre dernier par l’ULIF Copernic pour notre journée d’étude sur Edmond Fleg. Pour les deux dernières rencontres de Conseil National, c’est Raphy Marciano qui nous avaient accueillis dans son Centre communautaire de Paris, et nous espérons bien pouvoir de nouveau l’être dans les futurs locaux de l’Espace culturel et universitaire juif d’Europe qui devrait bientôt s’ouvrir… Une de nos soirées s’était déroulée il y a deux ans dans la synagogue consistoriale de Neuilly, où nous avait accueillis le rabbin Michaël Azoulay, membre de l’actuel Comité Directeur, et une autre, quelques années plus tôt, chez les Massorti du rabbin Rivon Krygier. Si je rappelle tout cela, c’est pour en venir à un point important sur lequel nous reviendrons au cours de la journée : savoir dire notre solidarité, notre amitié à la communauté juive, et non pas à telle communauté mais à tous les juifs, quelles que soient leur sensibilité, leur tendance, orthodoxe, libérale, massorti, laïque. Car ce n’est certainement pas à l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, et encore moins aux nombreux chrétiens qui en sont membres, de décerner des certificats de bonne judéité ! Ils sont juifs, pour nous cela suffit. Cela suffit pour qu’ils aient droit à notre attention, à notre estime. Non parce que les Juifs seraient meilleurs que les autres - « Le peuple juif est comme tous les peuples », rappelait Péguy -, mais par ce que nous savons ce que nous leur devons et ce dont nous, les chrétiens au nom desquels je parle, les avons trop longtemps privés (c’est même un euphémisme de parler ainsi) : la reconnaissance. Mais aussi parce que nous savons bien que pour trop de gens encore, s’ils sont juifs cela suffit parfois pour qu’ils soient regardés avec méfiance. Nous voulons donc leur dire notre solidarité.

Comme tout Conseil National, celui-ci a en principe pour objectif d’aider les présidents de groupes, mais pas seulement eux, nous tous, membres de l’AJCF, à mieux répondre à notre mission (il est d’ailleurs écrit dans les statuts que tout adhérent s’il le souhaite peut y participer).
Cette mission, vous la connaissez : elle est énoncée dans les 1ers paragraphes de nos statuts qui sont reproduits au dos de chaque n° de SENS et que l’on peut résumer ainsi : combattre l’antijudaïsme, l’antisémitisme et, comme cela a été ajouté dans la dernière version de ces statuts, « aider la société moderne à s’orienter ».
Lutter contre l’antijudaïsme, contre les préjugés, le regard négatif que par manque de connaissance les chrétiens (mais aussi les juifs) se portaient et se portent encore trop souvent les uns sur les autres, c’est ce que nous faisons, ce que vous faites dans la majorité de vos rencontres.
D’où la part si importante dans nos échanges de la connaissance des relations entre juifs et chrétiens à travers l’histoire, de la connaissance de la vie religieuse et de la spiritualité de chacune des traditions, de nos fêtes, de nos lectures de la Bible, sans oublier l’importance de la réflexion théologique elle-même (vous vous rappelez le thème de notre dernier Conseil National, consacré à l’étude du lien de parenté qui nous unit, Juifs et Chrétiens ) ; et tout l’heure, tout de suite après la pause, un rapide compte-rendu vous sera donné des travaux de la petite commission théologique fondée au sein du Comité Directeur sous la direction si compétente de Mireille Hadas-Lebel et qu’animent Elisabeth Martin et Alain Massini).
Dans ces différents domaines, il reste encore beaucoup à faire, pour mieux nous connaître, pour approfondir cette amitié et surtout lui faire porter du fruit autour de nous.

Mais si nous voulons « aider la société à s’orienter », il nous faut reconnaître qu’il y a un autre domaine où elle nous semble devoir être aidée : c’est celui du regard qu’elle porte, et que nous portons nous aussi, sur le pays d’Israël.
Nous savons combien cette question est sensible aujourd’hui, à cause du conflit qui malheureusement s’y éternise et qui interfère trop souvent dans nos activités, nos rencontres, même quand celles-ci sont consacrées à tout autre sujet ; question sensible à cause de l’intérêt que les uns et les autres nous y portons, pour des raisons diverses ; à cause aussi de la méconnaissance que nous avons – en tout cas qu’ont la plupart des gens, quand ils ne sont pas juifs -, de ce que représente ce pays pour les Juifs, de la nature du lien qui les rattache à Israël, qu’il soit historique, religieux, ou autre… ; et aussi de la grande méconnaissance de la réalité du pays, de ce que vivent, pensent et disent ses habitants, qu’ils soient juifs ou arabes, une méconnaissance causée et accentuée en grande partie par nos médias, qui soit ne nous informent pas de ce qui se passe en Israël (notamment de tout ce qui s’y passe de positif ou d’intéressant) soit, quand ils le font, en disent souvent du mal ou en rapportent des informations biaisées, partisanes, ce qui fait que plus que de l’information c’est souvent de la désinformation que nous recevons.

D’où là nécessité de savoir de quoi l’on parle lorsqu’on parle d’Israël, de sionisme, d’antisionisme, de savoir discerner entre terre d’Israël, État d’Israël, gouvernement d’Israël, etc. D’abord pour nous-mêmes, car les choses ne sont pas très claires pour beaucoup d’entre nous, mais aussi pour savoir quoi répondre lorsque dans nos rencontres la question d’Israël arrive sur le tapis et que généralement, nous le savons bien, nous allons en entendre parler négativement la plupart du temps.

Alors voilà comment se déroulera la journée :
Cet après-midi nous aurons l’occasion d’écouter un historien qui nous expliquera ce qu’est le sionisme et nous aidera à comprendre et clarifier bien des choses ; et nous aurons à la suite de son exposé un temps d’échange qui devrait aussi nous apporter de nombreux éléments de réponses à nos questions. Nous aurons ensuite une conférence de P. Michel Remaud, qui nous exposera comment se déroule la vie en Israël, en tout cas comment, lui, il y a vécu, ce qu’il a pu en percevoir pendant les dizaines d’années qu’il y a passées. Ce sera un témoignage concret et direct de la réalité israélienne, trop mal connue en France. Et cette deuxième partie de la journée, nous avons décidé de l’ouvrir afin que puissent nous rejoindre des membres du MJLF, des amis, chrétiens comme juifs, diverses personnes qu’intéresse ce sujet.
Ce matin, nous échangerons entre nous, non sur le sionisme, car nous n’en sommes pas vraiment des spécialistes, mais plutôt ce qui s’y oppose, sur tout ce que nous avons à rencontrer, affronter bien souvent, les critiques, les questions qui nous sont posées ou que nous pouvons nous poser nous-mêmes lorsqu’il est question d’Israël et de son actualité.
À cette intention, je vous ai envoyé un petit questionnaire, à partir duquel nous pourrons commencer notre échange, si vous le voulez bien.
Mais auparavant j’aimerais vous faire part de quelques réflexions, même si elles n’ont rien d’original, sur ce que me paraît être une juste attitude pour l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, comment nous devons nous comporter face aux difficultés que nous allons évoquer, comment se positionner face à Israël, au conflit, aux critiques, aux propositions entendues çà et là…

J’ai déjà prononcé plusieurs fois ce maître mot : solidarité.
Savoir dire notre solidarité, être présents si possible, aux côtés des Juifs, chaque fois qu’ils traversent des épreuves face auxquelles ils ont le sentiment d’être seuls. Cela, je sais que vous le faites souvent dans vos régions. C’est aussi ce que j’ai tâché de faire en votre nom lors du rassemblement parisien du dimanche 15 janvier, dans un message de solidarité envoyé au CRIF, au CRIF national comme à la délégation de l’Est, avant son rassemblement (message que j’ai envoyé à tous les présidents de groupes et aux membres du Comité Directeur). Non pas pour prendre position sur le bien-fondé de la tenue de la conférence internationale organisée à Paris ce jour-là, ni sur celui de l’extension ou non des colonies en Israël…, simplement pour rappeler à la communauté juive de France que lorsqu’elle est inquiète, lorsqu’elle s’inquiète de la façon dont est jugé Israël, auquel tant de liens la rattachent, et se sent critiquée, à cause de ces liens, abandonnée du reste de la société, nous devons lui dire notre amitié. Sans porter aucun jugement politique, si sur la France ni sur Israël, car ce n’est pas notre rôle, ni de notre compétence. Et dans nos groupes d’ailleurs, les sensibilités sont diverses, certains membres sont plus sensibles au sort des Palestiniens, d’autres au sort des Juifs israéliens, certains sont plus ou moins pro-sionistes. Donc l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, en tant que telle, n’a pas à se prononcer sur ces sujets. Ses adhérents peuvent le faire, individuellement, en leur propre nom, comme tout citoyen qui a le droit d’exprimer un avis. C’est le droit de chacun, de même qu’il y a parmi nous des gens de droite, de gauche ou du centre, qui ont le droit d’émettre un avis personnel sur telle option politique.
En revanche un devoir, une obligation nous incombe à tous, quels que soient notre sensibilité, notre attachement à telle ou telle tendance religieuse ou politique :
- Affirmer sans ambiguïté un soutien inébranlable à l’existence de l’État d’Israël. Ne jamais accepter qu’elle soit remise en question.
- Veiller avec la plus grande vigilance (c’est un pléonasme : oui, être instance de veille) sur ce qui est dit des Juifs et d’Israël, non pour réagir à tout bout de champ parce qu’ils seraient au-dessus de toute critique (les Juifs sont un peuple comme les autres, et Israël un État comme les autres, ni meilleur ni pire que les autres), mais pour dénoncer toutes les formes de mensonges, toutes les atteintes à la vérité.
Charles Péguy (qui est, vous le savez, mon modèle, ma source continuelle d’inspiration) a eu toute sa vie comme objectif de proclamer la vérité et la justice, et c’est cette passion pour la vérité qu’un de nos grands fondateurs, Jules Isaac, reconnaissait avoir héritée pour toujours de son maître Péguy. C’est la même ardeur que nous devons avoir pour défendre la vérité, et spécialement nous les chrétiens de l’AJCF. Je rappellerai encore ce mot de Péguy, lorsqu’il revient, dans Notre Jeunesse, sur l’Affaire Dreyfus, sur le combat qu’il n’a cessé de mener contre l’antisémitisme : « Il ne sera pas dit qu’un chrétien n’aura pas témoigné pour les Juifs ». Témoigner pour les juifs, c’est-à-dire dénoncer, à chaque fois que c’est nécessaire, toutes les atteintes à la vérité et à la justice dont les Juifs sont les victimes, en Israël, comme en France et partout ailleurs.
C’est pour cela que lorsque l’UNESCO a voté au printemps et à l’automne derniers des résolutions revenant à nier tout lien du peuple juif avec Jérusalem, l’AJCF non seulement a réagi mais à essayé par tous les moyens d’alerter les Églises, au risque d’agacer leurs responsables, en paraissant vouloir exercer une pression sur eux. Les responsables religieux, quels qu’ils soient - sans doute les rabbins aussi -, n’aiment pas trop qu’on vienne leur rappeler ce qu’ils doivent faire.
Témoigner pour les Juifs, non pas seulement pour réparer, même si déjà cette raison serait en soi suffisante, mais tout simplement par souci de vérité.

Cela nous engage à dénoncer tous ces abus de langage, ce vocabulaire outrancier, que l’on entend souvent lorsqu’il est question d’Israël, de la part notamment de ceux qui prônent le boycott d’Israël, sur lequel nous reviendrons :
- Israël est un pays d’apartheid, entend-on dire. Il nous faut réagir, dénoncer ce mensonge. Comment appeler pays d’apartheid un pays où Juifs et Arabes peuvent monter dans les mêmes bus, fréquenter les mêmes universités, être soignés dans les mêmes hôpitaux, par un personnel composé aussi bien de Juifs que d’Arabes, etc. ?
Il nous faut être vigilants car le vocabulaire employé est loin d’être anodin, et il conduit bien souvent à la haine.
- De même les expressions encore plus outrancières, que l’on entend aussi, d’État criminel, assassin ou nazi, qui bafoue les droits de l’homme. Même si des mesures prises par le gouvernement peuvent paraître critiquables, car injustes ou discriminatoires entre Juifs et Arabes, comment peut-on proférer de tels mensonges et dire que n’est pas démocratique un pays où des Arabes siègent à la Knesset ou dans la Haute Cour de Justice, un pays où la liberté d’expression est totale et où les débats intérieurs sont d’une vitalité, pour ne pas dire d’une virulence, qu’on aimerait voir dans tous les pays voisins, tous ceux qui entourent Israël, mais qui, eux, empêchent toute voix d’opposition de s’exprimer. À chaque fois que nous entendons proférer de telles insultes, qui sont des mensonges, nous avons le devoir de réagir.
- C’est une question de vérité, mais aussi de justice, car comment pouvons-nous accepter qu’un État comme Israël, qui n’est certes pas exemplaire sur tous les plans, soit sans cesse vilipendé et objet d’un nombre ahurissant de critiques, de condamnations ? Même l’ancien secrétaire de l’ONU, Ban Ki Moon, reconnaissait la disproportion entre le nombre de résolutions de l’ONU - 223 résolutions condamnant Israël dans les dix dernières années, et 8 résolutions contre le régime syrien, par exemple, dont pourtant les médias bien souvent nous répétaient qu’il massacrait son propre peuple. Qu’en est-il d’autres États qui eux sont, on le sait, de véritables dictatures, bafouant sans cesse les droits de l’homme, mais sur lesquels on fait silence ?
- Il y aura d’autres expressions employées dont il nous faudra demander à notre conférencier dans quelle mesure elles sont justifiées, comment les comprendre ou au contraire les condamner : les termes d’ « occupation », de « colonies », de « réfugiés » ; ce sont des réalités en fait bien diverses qui sont recouvertes par un même terme, et il est nécessaire de savoir de quoi on parle ; que recouvrent aussi ce parallèle avancé souvent entre la Nakba et la Shoah ainsi que l’expression « droit au retour des réfugiés », etc. ?
Il nous faut savoir faire preuve de discernement si nous voulons essayer de respecter la vérité et la justice.

Mais il en est un autre point, par lequel je terminerai et qui est à mes yeux extrêmement important : lorsqu’il est question d’Israël, dans nos médias comme dans les débats et même dans nos rencontres, ce qu’on entend dire, ce sont presque toujours de mauvaises nouvelles, des nouvelles inquiétantes ou simplement décourageantes.

Or je suis pour ma part persuadée qu’il est du devoir de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France - et c’est aussi selon moi faire ce que Péguy appelait « témoigner pour les Juifs » -, de faire connaître tout ce qui se passe de beau en Israël, tout ce qui est au contraire rencontre, dialogue, gestes de fraternité et motif d’espoir. Et ce dont, bien sûr, nous n’entendons presque jamais parler.
Les chrétiens ont pour mission d’être témoins de l’Évangile. Or « évangile » signifie, vous le savez, Bonne nouvelle. C’est donc notre mission que d’être porteurs de bonnes nouvelles. Et des bonnes nouvelles, il y en a énormément qui nous viennent d’Israël, si nous savons y être attentifs.
C’est pourquoi je vous ai apporté (vous l’emporterez, et je vous demande de la diffuser autour de vous) une liste de groupes et associations où des Juifs et des Arabes œuvrent ensemble, main dans la main, pour faire avancer le dialogue, la connaissance mutuelle, l’estime, et un jour la paix. Quand on regarde cette liste, qui est certainement loin d’être exhaustive, on ne peut qu’être émerveillé de ce que des hommes et des femmes de bonne volonté peuvent arriver à faire, dans des tas de domaines, que ce soient l’éducation, les sciences, les arts, le sport, la santé, le commerce, même l’armée et la politique, et que ce soit en Israël ou en Cisjordanie ! Cette liste est loin d’être exhaustive, et il faudrait y ajouter aussi des initiatives personnelles, qui ne sont pas recensées ici ; elle n’est pas parfaite non plus, peut-être des groupes n’existent-ils plus ou d’autres se sont-ils créés depuis. Je n’ai pas eu le temps de le vérifier et vous laisse le faire, si vous le voulez (ce serait d’ailleurs un service à nous rendre, et je remercie à l’avance ceux qui pourront corriger ou compléter cette liste). Peut-être aussi certains groupes vous paraîtront-ils aller trop loin dans les démarches envers l’autre, prendre trop de risque, ou au contraire être trop timides. Peu importe. Ils vous montreront en tout cas la vitalité, le désir de vivre et d’aller de l’avant des habitants de ce pays.
Je voudrais juste attirer votre attention sur trois noms dans cette liste :
P. 1 est mentionné un groupe qui est un de ceux que j’admire le plus : le cercle des familles ou forum des endeuillés, comprenant plus de 600 familles juives et arabes qui ont perdu un des leurs à cause de « ceux d’en face » et ont décidé de dépasser leur douleur et de se rencontrer pour mettre du dialogue là où il y avait de la haine.
P. 2 vous trouverez mentionnée l’association Tiyul Rihla, dont Jean Kalman, ici présent (membre du groupe AJC de Pau) pourra vous donner plus de précisions, c’est lui qui m’en a appris l’existence.
Le P. Shoufani, artisan de dialogue et de paix s’il en est, vous le connaissez bien, et le P Michel Remaud pourrait aussi vous parler de tous ces lieux de dialogue qu’il connaît bien et dont lui-même a été un artisan. Mais j’aimerais attirer votre attention sur un 3e nom :
P. 4, tout en bas, vous trouverez mentionné le nom d’un diplomate arabe israélien, George Deek, qui est actuellement vice-ambassadeur d’Israël en Norvège. Avouez que pour un pays accusé d’apartheid, quel démenti flagrant de cette accusation ! Je vous en conjure, lisez le discours qu’y a prononcé en 2014 ce jeune diplomate arabe chrétien, âgé d’une trentaine d’années ; vous le trouverez encore facilement sur internet. Ce discours est extraordinaire, c’est celui d’un Arabe qui a choisi de vivre dans un État juif et qui demande à ses frères arabes de regarder vers un avenir à construire ensemble, Juifs et Arabes, pour le bien de tous. `
Tous ces signes de fraternité, de respect mutuel qui existent déjà en Israël, tous ces lieux de collaboration, montrent, nous prouvent que l’entente est possible, puisqu’elle existe déjà.
Je vous disais qu’ils sont la plupart du temps ignorés de tous. Ils me font penser à cette légende juive des Lamed Vav, des 36 justes grâce à qui le monde tient. Je me dis souvent que ce sont eux, ces justes, grâce à qui Israël tient et qui y feront advenir un jour la paix. Peut-être notre Amitié Judéo-Chrétienne de France peut-elle déjà, simplement, par son témoignage, par ses actes et ses paroles, faire en sorte que cette paix tant désirée arrive un peu plus vite.

Voici venu maintenant le temps de notre échange. J’avais souhaité que vous fassiez l’état des lieux de ce que vous vivez dans vos groupes, dans vos régions ; soit à partir des questions que je vous avais envoyées, soit autrement, comme vous le voulez. La parole est à vous.

Jacqueline Cuche
Présidente de l’AJCF

Les enregistrements des autres interventions au cours de cette journée du 29 janvier 2017